20/08/2018 : Dette des pays émergents : ce n’est pas ce que vous croyez

  • Stéphane Déo et Hervé Goulletquer Stratégiste et Directeur Adjoint de la Recherche

La crise turque défraie la chronique après la crise argentine et la crise vénézuélienne. Il y a un risque de contagion sur d’autres pays, parmi les grands, on pense d’abord à l’Afrique du Sud puis au Brésil. La performance des marchés émergents que ce soit en termes de taux de change, de credit ou d’actions, est particulièrement mauvaise cette année.
Bref il semble qu’il faille rester à l’écart des pays émergents. Mais si on prend un peu de recul, l’histoire, en tout cas pour ce qui concerne la dette publique, est très différente. Depuis une décennie il y a eu plusieurs changements structurels qui font du marché souverain émergent un animal très différent de ce qu’il était dans les années 1990s.
D’une part, la notation des pays émergents s’est globalement améliorée depuis 20 ans alors que celle des pays développé a beaucoup souffert durant la grande crise. La différence de qualité entre les deux est donc moins grande qu’elle ne l’a été. D’autre part, la duration de la dette souveraine s’est considérablement allongée. Les risques de refinancement sont donc beaucoup plus faibles que lors de la crise asiatique dans les années 1990 ou la crise du peso. Enfin, la dette a été émise essentiellement en monnaie locale, les gouvernements ont donc passé le risque de change sur l’investisseur. En cas de crise souveraine, ces états pourront donc monétiser leur dette en imprimant de la monnaie. Cela devrait avoir un effet très négatif sur la devise locale, mais la probabilité de défaut serait alors largement réduite.
Si la situation de court terme est préoccupante pour les pays émergents, ceci ne doit pas masquer le fait que la dette souveraine, en tant que classe d’actif, a diamétralement changé depuis deux décennies.

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