Une semaine une nouvelle fois plus politique qu’économique

  • Hervé GOULLETQUER Directeur Adjoint de la Recherche

La principale information du weekend écoulé est sans doute l’impression retirée du sommet de l’APEC (Asia Pacific Economic Cooperation) en matière de relations sino-américaines.

Les Etats-Unis y étaient représentés par le Vice-président Pence. Il s’est montré virulent vis-à-vis de la Chine, en conseillant aux pays de la région de ne pas se mettre dans une situation de dépendance par rapport à la Chine. Celle-ci prenant la forme d’un endettement croissant auprès d’institutions financières chinoises. La réponse du Président Xi a consisté à mettre en garde contre le risque de remise en cause des chaines de valeur organisées au niveau de la région, du fait de la politique commerciale de Washington. Dans la perspective de la rencontre des chefs d’Etat américain et chinois à la fin de la semaine prochaine en Argentine, cette « mise en bouche » a un goût un peu amer. Pourtant le marché caresse l’espoir que ce face à face soit le début d’une vraie négociation entre les deux pays, qui permette d’éviter une nouvelle augmentation des droits de douane en début d’année prochaine et qui trace un chemin vers l’apaisement des tensions commerciales. Faut-il alors revoir les anticipations à la baisse ? Peut-être pas si on considère qu’il y aurait un partage des rôles entre le Président américain et son vice-Président : le rôle du « gentil » (une fois n’est pas coutume !) pour le premier et celui du « méchant » pour le second. Un tel « jeu de rôle » n’a-t-il pas été visible ces dernières semaines ? L’hypothèse a toutefois quelque chose de spéculatif. Dans tous les cas, les négociations, si tant est qu’elles s’ouvrent bien, seront assurément longues et difficiles.

La semaine qui s’ouvre sera assez européenne et  une nouvelle fois assez politique. Le marché va rester attentif à l’évolution du dossier Brexit, avec deux aspects différents. Il y a d’abord la question du maintien de Theresa May au poste de Premier ministre. N’est-elle pas sous la menace d’un vote de défiance du groupe conservateur à la chambre des communes ? Sans doute ; mais plus les jours passent, plus la probabilité que cela se produise se réduit. Il y a ensuite le Sommet européen de dimanche prochain, au cours duquel les chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE devraient approuver le projet d’accord préparé par Bruxelles et Londres.

Le marché sera aussi attentif à deux autres évènements. Le 21 la Commission doit statuer sur les projets de budget de tous les pays-membres ; elle pourrait pointer une « enfreinte » à la règle sur la réduction de la dette publique par l’Italie. Une procédure pour déficit excessif (PDE) serait alors engagée. Rappelons les étapes suivantes. Le Comité économique et financier, une émanation du Conseil, a deux semaines pour formuler une opinion. Si cette opinion est positive, le Conseil déciderait alors, à la règle de la majorité qualifiée (55% des pays-membres représentant 65% de la population), de lancer une PDE. On le sait, la route menant à la sanction effective serait alors longue. Il n’empêche que le lancement de la procédure enverrait un double message en termes d’expression de la volonté politique et de capacité à intervenir avec le bon calendrier. Bref l’Union n’apparaitrait pas behind the curve. A un moment où les soupçons de faiblesse se multiplient, le point est d’importance.

L’autre date à retenir concernant la politique européenne est aujourd’hui. Il y a un Eurogroup avec à l’ordre du jour aller plus loin dans l’intégration bancaire et faciliter le rôle du Mécanisme Européen de Stabilité dans la prévention et la gestion des crises. Toute avancée pourrait être actée lors du Conseil européen du 15 décembre. Remarquons qu’au cours de la journée d’hier la Chancelière Merkel et le Président Macron, réunis à Berlin, ont semblé être désireux de donner ensemble un « coup de collier » dans le sens de davantage d’intégration européenne.

Du côté de l’économie, deux points retiendront l’attention cette semaine. Premièrement, la première estimation des indices PMI de novembre en Zone Euro et aux Etats-Unis seront publiés vendredi. On espère une stabilisation  d’un mois sur l’autre. Deuxièmement, une batterie de chiffres sur l’activité dans le secteur de l’immobilier en octobre aux Etats-Unis sera rendue publique demain. Le marché y accorde de l’importance à l’heure actuelle ; et ceci à un double titre. L’investissement résidentiel s’est replié au  cours des trois derniers trimestres connue et le fléchissement du logement est souvent un indicateur d’un cycle conjoncturel s’approchant du moment du retournement. Les anticipations pour ce qui est tant des mises en chantier que des permis de construire au cours du mois dernier sont à la hausse. Tant mieux !

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