Make Europe great again!

  • Emmanuelle Mourey Présidente du Directoire

Les crises sont des révélateurs. Depuis le début de la pandémie sanitaire, l’Europe avait beaucoup déçu. Ce mercredi 27 mai symbolisera peut-être son retour dans l’histoire et dans le cœur des européens.

Sous l’impulsion du couple franco-allemand, la Commission européenne a proposé un plan de relance extrêmement ambitieux de 750 milliards d’euros.  Le montant compte. Les modalités plus encore.  

Car à travers ce plan, un nouvel idéal européen se dessine, intimement lié à notre ADN. Au sein de la Banque Postale Asset Management, nous faisons vivre nos convictions européennes au quotidien :  dans nos fonds européens, dans nos combats pour harmoniser les critères ESG, dans nos valeurs d’ouverture qui fondent notre appartenance au Groupe.

Et aujourd’hui, nous pouvons nous réjouir à plusieurs titres.

Tout d’abord, la Commission européenne empruntera en son nom propre sur les marchés.

Un endettement solidaire qui s’imposait comme seule mécanique viable : pour tous les pays touchés, la reprise sera européenne ou ne sera pas.  

Derrière ce plan de relance, c’est la pérennité européenne dont il est question. L’UE, qui a failli sur le front sanitaire, n’aurait pas survécu à une seconde faiblesse sur le front économique.  

La monnaie unique non plus : la fragilité de certains pays n’aurait résisté au double couperet de l’endettement et de la récession record. Bien sûr, les modalités de remboursement seront scrutées de près. Et la création de ressources européennes propres constituerait un gage solide. En tout état de cause, la crédibilité européenne sur les marchés demeurera un objectif non négociable.

Second grand motif de satisfaction pour LBPAM : cette relance sera résolument verte !

La Commission a confirmé l’exigence franco-allemande : les demandes de financement devront répondre à des objectifs de transition écologique.

C’est une bonne nouvelle. Maintenant, place aux actes !

Au-delà des déclarations d’intention, la réalité des orientations écologiques doit faire l’objet d’un vrai travail d’harmonisation. Ce big-bang des critères doit s’opérer partout. Et particulièrement dans le monde de la finance. Dotons l’Europe de glossaires et d’instruments de mesure identiques. Créons un label européen unique pour l’ISR ; et pour cela, ayons l’exigence de nous baser sur les meilleures pratiques, d’identifier l’impact réel des investissements sur les enjeux écologiques. Le ventre mou et le consensus ne serviront aucun intérêt.

Troisième motif de satisfaction, la notion de territorialité qui nous est chère chez LBPAM, est érigée en tant que priorité stratégique.

Souveraineté européenne revendiquée par le couple franco-allemand, création d’un plan européen pour limiter notre dépendance sanitaire… toutes ces mesures vont dans le bon sens.  Ne nous arrêtons pas en si bon chemin : partout, travaillons aux conditions de notre indépendance, alors que nos concurrents chinois ou américains sont à l’offensive.

D’autant que, dans notre industrie de la finance, nous perdons chaque jour un peu plus cette souveraineté.

Sur des sujets comme l’ESG, l’UE a été pionnière. Elle se fait aujourd’hui damer le pion.

Nous laissons partir nos agences de notation, avec des biais possibles anti-européens.

Ce dernier mois, un très grand gérant d’actifs américain a même obtenu une mission visant à élaborer des propositions sur l’intégration des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance dans la supervision bancaire. Sans préjuger des qualités indéniables de ce gérant, comment se fait-il qu’aucun acteur européen n’ait été jugé pertinent ?

Make Europe Great Again !

L’ambitieux plan de relance tout juste annoncé est un rebond salutaire pour l’Europe. Et, en tant que professionnels de la finance, cet avenir européen est aussi entre nos mains.

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