Les crédits hypothécaires hollandais, une alternative à l'investissement obligataire

  • Guillaume Abel Directeur du Développement

Les crédits hypothécaires hollandais – ou Dutch Mortgages  – sont une classe d’actifs particulièrement adaptée aux assureurs et mutuelles soucieux de ne pas consommer trop de fonds propres et de diversifier leurs portefeuilles. Explications avec Guillaume Abel, directeur du développement de La Banque Postale Asset Management (LBPAM).

Alors que l’environnement de taux bas semble parti pour durer, les assureurs affichent toujours des besoins en rendement importants, même s’ils veillent à ne pas mettre en place des stratégies trop consommatrices en fonds propres. « S’il est souvent utile pour eux de pouvoir faire des investissements de long terme rémunérateurs, ils sont souvent plus risqués et gourmands en capital, comme les fonds de Private Equity*», explique Guillaume Abel, directeur du Développement de LBPAM, avant d’ajouter : « Les assureurs et les mutuelles ont la possibilité de combiner ces placements avec d’autres classes d’actifs qui rapportent un peu moins, mais ne consomment pas ou très peu de fonds propres. Ils arrivent ainsi à moyenner et à construire des portefeuilles équilibrés, conformes au niveau de rendement recherché ». Les crédits hypothécaires hollandais font partie de ces solutions et représentent un complément à l’investissement sur le marché obligataire (dédié au financement des États et des entreprises). Ils constituent des actifs obligataires alternatifs qui permettent de diversifier l’exposition au marché en finançant les prêts immobiliers des particuliers. On peut les acquérir au travers de fonds ouverts aux investisseurs institutionnels ou des véhicules dédiés. Ils sont originés par des banques, des fonds de pension ou des assureurs, tel que notre actionnaire Aegon, 2ème assureur néerlandais.

Les assureurs français séduits

Les Dutch Mortgages (titres de crédits hypothécaires néerlandais) représentent un marché mature qui se développe depuis environ 15 ans et récemment ouvert à l’Europe. La charge en capital est faible, de l’ordre de 5 %, pour un rendement autour de 2 à 3 % (à comparer avec le Private Equity* dont la charge en capital atteint 49 % pour un rendement de 15 à 20 %). Cet investissement permet donc d’optimiser sa consommation de fonds propres avec un pilotage du rendement plus aisé. Un atout de taille qui s’explique par le fait qu’une partie de ces emprunts est garantie par l’État : la sélection des prêts est exigeante et rigoureuse et le financement est sécurisé par le bien immobilier lui-même. Comme les obligations, les flux financiers sont connus et la valeur de l’hypothèque du prêt permet de limiter les pertes. « Ce n’est donc pas un hasard si cette classe d’actifs séduit de plus en plus d’assureurs et de mutuelles en France. » conclue Guillaume Abel.

* Private Equity ou capital-investissement

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