La Tech, notre meilleur allié au service de la cohérence

  • Emmanuelle Mourey Présidente du Directoire

Au cœur de cette rentrée pleine d’incertitudes, j’étais invitée à l’Agefi AM TECH Day. L’occasion de se pencher sur un sujet plein d’espoir pour les années à venir ! Oui, avec la tech, une bascule majeure peut s’opérer pour l’ISR.

La Tech offre une double promesse.

D’abord, grâce aux progrès de l’intelligence artificielle, la data alternative est dorénavant à portée de main. Nous le savons : pour aller au bout du chemin de l’ISR, il faut traiter toujours plus de données. Or, la Tech rend enfin accessible la data déstructurée. Non seulement  nous sortons de la subjectivité et du bon vouloir des entreprises, mais nous parvenons aussi à intégrer cette source externe à moindre coût. Mieux encore, en libérant l’Asset Management de ces tâches chronophages, la Tech permet à nos gérants et analystes de se concentrer sur la valeur ajoutée qualitative.

Côté client Retail, la Tech offre plus de transparence ainsi qu’une promesse de maîtrise. Concrètement, les Asset Managers peuvent construire un ISR plus simple et pédagogique via des reportings personnalisés et moins statiques, grâce à des modèles visuels qui décomposent par exemple le portefeuille en fonction des Objectifs de Paris. « Tracer » l’impact de son investissement ISR, voire flécher les capitaux grâce à des « Robot Advisor green Friendly » donnent à l’épargnant la compréhension et la maîtrise de son épargne.

Le défi de la cohérence :  la tech à pile ou face

Dans cette nouvelle donne où l’ESG est devenu un must pour les Asset Managers, la question m’est souvent posée : les Asset Managers ne sont-ils pas menacés par ces évolutions et l’arrivée des Fintech ? Je ne le pense pas. Si les Fintech nous apportent la « Tech », la « Fin » demeure plus que jamais notre cœur d’expertise. Très minoritairement positionnés sur les enjeux ISR, ces nouveaux acteurs permettent en revanche une grande complémentarité sur toute la chaine de valeur avec les Asset Managers.

Ma conviction profonde en revanche est que le marché va radicalement se polariser entre les Asset Managers jugés cohérents et les autres. Ecarts entre discours de la marque et pratiques internes vont être auscultés. Un Asset Manager qui s’engage sur l’ISR ne peut que  s’astreindre – avec humilité -  à la même exigence dans l’exercice de son propre métier.  Dans une démarche de progrès permanent, il doit également appliquer en interne et vis-à-vis de ses prestataires ce qu’il exige des émetteurs en portefeuille. Car un client n’achètera plus demain les produits d’un acteur qui ne se conforme pas à la logique ISR qu’il prône, aussi avancé technologiquement soit-il.

D’autant que la Tech sans boussole peut se retourner contre les intérêts défendus. Par exemple, travailler la donnée non formatée peut s’avérer extrêmement consommateur en énergie, en capacités de stockage, de calcul, de mémoire. Ce qu’il faut éviter : qu’une quête d’un ISR plus pur ne se fasse au détriment de la cause que l’on entend défendre.

A l’inverse, la Tech arrimée à des valeurs fortes peut accélérer la mise en cohérence entre l’ISR défendue dans les investissements externes et les pratiques internes des Asset Managers. Elle permettra par exemple de réduire notre propre empreinte carbone : adopter une logique scope 3, analyser notre bilan carbone et développer une politique de compensation. 

***

Face à la technologie sans âme et sans valeurs, la Tech maîtrisée offre la possibilité de mettre en place une vraie finance cohérente et affinitaire avec nos clients.

Aligner son discours de marque, ses pratiques internes et les attentes de ses clients : tel est je crois, le chemin d’humilité et d’exigence qui sera gagnant pour l’Asset Management.

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