Dette privée Infrastructure : valoriser la performance grâce à de nouveaux indicateurs ISR

  • Bérénice ARBONA Responsable de la Dette Privée Infrastructure

Les projets d’infrastructure sont au cœur des problématiques environnementales et sociales : transition énergétique, transition digitale, développement économique et désenclavement des territoires.

Ce sont également des projets qui nécessitent des investissements de départ importants avec des amortissements sur de longues périodes et une nécessaire vision sur l’essentialité des projets à long terme.  D’où l’importance de la prise en compte de l’utilité sociale des actifs en dehors des considérations classiques de rentabilité financière. Au sein de l’équipe Dette Infrastructure de LBPAM, nous avons ainsi intégré dès 2016 une analyse des aspects ESG (Environnement, Social et Gouvernance)  des transactions à notre processus  d’investissement.

Au moment du lancement de notre troisième fonds de Dette Privée Infrastructure, nous nous sommes interrogés sur la meilleure façon d’approfondir cette démarche tout en répondant aux attentes croissantes de transparence et de reporting de la part de nos investisseurs. Nous avons privilégié l’approfondissement de notre analyse ESG selon la méthodologie GREaT** développée par LBPAM, plutôt que la labellisation Greenfin, label centré uniquement sur le financement de la transition énergétique. Un label qui fonctionne par exclusion sectorielle crée en effet de facto des limitations non seulement en termes d’univers d’investissement, mais aussi de contributions ESG. Notre méthodologie propriétaire GREaT au contraire couvre 4 piliers d’analyse : la Gouvernance responsable, la gestion durable des Ressources naturelles et humaines, la transition Énergétique et économique et le développement des Territoires. Les secteurs de l’infrastructure contribuent à des degrés différents et complémentaires à tous les piliers de cette méthodologie. Si le pilier gouvernance s’applique de façon transverse, chaque secteur a sa « majeure ».  Les énergies renouvelables sur le pilier E, les infrastructures sociales, notamment de santé sur le pilier R, et les infrastructures digitales sur le pilier T, avec les enjeux du désenclavement des territoires et de l’e-mobilité.

En analysant chacun des 4 piliers, nous avons pu rassembler de nombreuses informations sur nos actifs. Afin de valoriser les contributions ESG de nos investissements, nous avons développé de nouveaux indicateurs permettant d’évaluer cette performance extra-financière. L’indicateur climat incontournable est le bilan carbone des actifs, indicateur souvent monitoré côté equity mais beaucoup plus rarement coté dette. Nous avons également développé un autre indicateur climatique plus prospectif qui permet de mesurer l’alignement des portefeuilles sur les Accords de Paris (trajectoire 2°C). Nous sommes en effet sponsor historique d’une initiative de place menée par le cabinet en stratégie bas-carbone Carbone 4, portant sur le développement d’un outil permettant de mesurer l’alignement des portefeuilles en infrastructure avec le scénario température de l’accord de Paris (2 infrachallenge).  Ces deux indicateurs climatiques permettent, dans la durée, de mesurer l’impact des nouvelles technologies et de la dé-carbonisation des infrastructures : le monde de demain ne sera pas fait que d’énergies renouvelables, mais aussi d'autoroutes plus vertes grâce aux véhicules électriques. Les projets d’infrastructures impliquent également une vraie chaîne de valeur et des emplois soutenus. C’est ce que nous voulons illustrer avec la mise en place d’indicateurs socio-économiques sur l’emploi et le PIB, développés avec l’aide du cabinet de consulting EY.

Ces indicateurs de performance, inédits dans le monde de la dette privée infrastructure, enrichissent aujourd'hui nos analyses fondamentales et nos reportings aux investisseurs. Ce seront des outils de pilotage innovants pour nos stratégies de demain.

 

*GREENFIN : Label d'État attribué aux fonds qui s’orientent vers le financement de la transition énergétique et de l’économie verte via le principe d’exclusions sectorielles.

**GREaT : Gouvernance responsable, gestion durable des Ressources naturelles et humaines, transition Energétique & économique, développement des Territoires

Indicateurs climat et socio-économiques

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