A GREaT Journey #3

  • Daniel Roy Président du Directoire

Le billet de Daniel Roy

Chers amis,

Pour les gestionnaires d’actifs, les données sont une matière première essentielle. C’est d’autant plus le cas s’agissant de finance responsable, où les critères de performance économique sont renforcés d’indicateurs extrafinanciers : comportements environnementaux et énergétiques, conduite sociale, politique de gouvernance, gestion des territoires - dont on voit l’importance en cette crise des “gilets jaunes”-.

Les données ESG sont utiles à chaque étape du processus de financement responsable. Elles permettent de classer les entreprises cotées ou émettrices d’obligations sur le plan du développement durable, et de donner aux
investisseurs finaux une estimation de l’impact de leurs placements. Elles seules rendent possible la mesure de cet impact, de le quantifier avec rigueur pour éviter le phénomène de Greenwashing qui a fait trop de mal à l’image de la finance responsable. Leur qualité et leur accessibilité sont donc primordiales dans la pratique d’une gestion ISR.

Si de nombreuses entreprises cotées ou émettrices d’obligations n’ont pas attendu la réglementation pour publier ces données, la COP21, la loi Grenelle II, et le fameux article 173 ont formidablement contribué à leur transparence et leur disponibilité.
En parallèle, on a vu des agences se spécialiser dans la récupération, la consolidation et la diffusion d’informations ESG auprès du public. Mais encore peu nombreuses, elles ne couvrent pas l’ensemble du périmètre requis.
Il y a, par exemple, un déficit important de données extra-financières pour les entreprises de taille modeste ou issues des pays émergents. La difficulté peut venir d’un manque de ressources, ou de leur implantation territoriale :
les spécificités locales, culturelles, politiques et réglementaires rendent plus complexe la lecture de critères pensés
à travers un prisme national.

Nous voyons deux types d’acteurs pour aider à combler cette lacune : les bourses et les banques. L’une comme l’autre demandent déjà aux entreprises, pour les coter ou les aider à émettre des obligations, une documentation
juridique et financière dense. En ajoutant un onglet extra-financier à leur cahier des charges, bourses et banques contribueraient de manière simple et efficace à la hausse du nombre de données qualifiées.

Nous avons tous à y gagner :

  • Les entreprises cotées ou émettrices augmenteront leur visibilité auprès des investisseurs.
  • Les bourses et départements “origination” des banques deviendront des acteurs indispensables de cette nécessaire
    transformation.
  • Les gérants pourront élargir le périmètre des actifs entrant dans le champ de la gestion responsable,
    et l’investisseur final connaîtra avec transparence et précision l’impact de ses placements.

À nous, acteurs de la gestion d’actifs, politiques et associations, de nous allier pour lancer la marche et faire
quelques pas de plus vers la finance de demain, une finance ayant un sens pour les épargnants.

A très bientôt
Daniel ROY
Président du Directoire de La Banque Postale Asset Management

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