En 2009
L'épargne salariale se veut plus solidaire
Dans le cadre de l’application des modalités de la LME (Loi de Modernisation Financière) publiée en 2008, l’ensemble des plans d’épargne salariale français doivent proposer au moins un fonds solidaire à compter du 1er janvier 2010. Un fonds solidaire est en partie investi, directement ou indirectement, dans des activités solidaires (projets d'insertion, agriculture biologique, commerce équitable, etc.)
Cette mesure concernerait 12 millions de salariés français. La moitié des entreprises n’étaient pas encore en conformité avec cette nouvelle réglementation au mois de décembre 2009.
En juin 2009, l’épargne salariale solidaire s’élevait à 549 millions d’euros, dont 40 millions investis dans des entreprises solidaires. L’entrée en vigueur de la mesure devrait lui donner un nouvel élan !
France Active, 15 décembre 2009
Les producteurs de bombes à sous munition (BASM) de nouveau pointés du doigt
Les députés hollandais ont adopté un texte interdisant aux institutions financières d’investir dans des entreprises impliquées dans la production de BASM. Le parlement hollandais n’est pas le premier à prendre une décision en ce sens, la Belgique ayant déjà adopté une mesure identique en 2006. Pour rappel, une Convention interdisant la production de ces armes a été signée à Oslo en décembre 2008. 104 pays ont signé le texte, 26 l’ont ratifié (dont la France) à la date du 18 janvier 2010.
La Banque Postale Asset Management avait décidé d’exclure les producteurs de l'ensemble de ses investissements début 2009.
Responsible Investor, 10 décembre 2009
Bloomberg et Thomson Reuters, deux grands fournisseurs mondiaux de données financières, se lancent dans l’ISR. Bloomberg vient d’ajouter à son offre un module de données ESG (Environnement-Social-Gouvernance), collectées en interne ou provenant d’agences de notations spécialisées. Quant à Thomson Reuters, le groupe a annoncé le 30 novembre l’acquisition d’Asset4, un fournisseur suisse de données ESG brutes sur 3000 entreprises.
La motivation de ces deux groupes est de mettre à la disposition de leurs clients les outils pour une meilleure appréciation de la performance et des risques propres aux entreprises, en réponse à une demande grandissante. Ces mouvements constituent un signal fort de la montée en puissance et de la reconnaissance croissante des enjeux ESG dans la sphère financière.
Responsible Investor, 30 novembre 2009
L’ERAFP (« fonds de pension » des fonctionnaires français, avec 6,5 Md€ d’actifs sous gestion, investis à 100% en ISR !) s'affirme dans son rôle de promoteur de l'ISR. Il va ainsi lancer un indice ISR sur les petites & moyennes capitalisations. L’indice devrait se concentrer sur les sociétés françaises et être composé de 60 à 100 valeurs. L'originalité de la démarche réside dans l'utilisation comme clé de sélection le budget de risque et non la capitalisation boursière. Dans le cadre de la diversification de ses classes d’actifs, l’institution financière devrait prochainement allouer des fonds aux classes « immobilier durable » et « forêts durables ».
Responsible Investor, 15 septembre 2009
Pour la première fois, le secrétariat des PRI a annoncé en août l'exclusion de cinq signataires qui n'ont pas respecté leur engagement de rendre compte annuellement de la mise en œuvre des 6 principes. Ils n’ont pas répondu au questionnaire proposé en début d’année. Deux de ces signataires sont sud-africains, un américain, un brésilien et un australien.
« Les PRI n’ont pas d’exigences prescriptives sur la manière dont l’investissement responsable doit être mis en œuvre. En revanche, les signataires ont pour obligation de participer au Reporting annuel : c’est la condition minimale pour rester signataire, » a expliqué James Gifford, directeur exécutif de l’organisation.
Forts de leur succès, les PRI se montrent donc de plus en plus exigeants vis-à-vis des signataires.
La prochaine piste de réflexion est celle de la diffusion du Reporting, les PRI souhaitant que les signataires améliorent leur communication extra-financière vis-à-vis du grand public.
Ayant signé les Principes en janvier 2009, LBPAM participera pour la première fois au Reporting annuel au début de l’année 2010.
Principles for Responsible Investment, 8 septembre 2009
Le secrétariat des PRI a publié avec le cabinet Mercer le "Report on Progress 2009", son enquête annuelle sur l'application des 6 principes par les signataires. L'enquête se base sur les 276 réponses reçues à un questionnaire proposé à tous les signataires (contre 156 en 2008 et 104 en 2007).
Les résultats 2009 indiquent une forte progression dans la mise en œuvre des principes :
- 77% des gestionnaires d'actifs déclarent avoir intégré un filtre ESG (Environnement, Social, Gouvernance) à leurs process d'investissement ;
- 64% exercent leurs droits de vote pour l'ensemble des titres de leur marché domestique, et 47% pour l’ensemble des titres à l'étranger ;
- Près de 90% des signataires dialoguent avec les émetteurs pour qu'ils améliorent leur communication extra-financière ;
- 62 % des mandataires de gestion (notamment fonds de pension) incluent contractuellement dans leurs délégations de gestion des critères d’investissement responsable.
Cette enquête est un bon moyen pour les signataires – malgré leur grande diversité – d'évaluer leur avancement et de prendre connaissance des pratiques innovantes pour mieux intégrer les enjeux extra-financiers dans leurs activités.
Principles for Responsible Investment, 22 juillet 2009
L’Asset Management Working Group et le cabinet d’avocat Freshfields ont publié le rapport « Fiduciary 2 ». Il décrit le risque pour les intermédiaires financiers d’être poursuivis pour négligence par des fonds de pension (ou mandataires de gestion), s’ils ne sont pas proactifs dans l’intégration des critères ESG à leur stratégie d’investissement. Cela ferait partie de leur devoir de diligence. En matière de droit britannique, trois facteurs principaux sont avancés pour appuyer cette thèse :
- l’adoption de la UK Pension Bill 2008 stipulant la pertinence de l’intégration des critères ESG dans leurs critères habituels de gestion ;
- l’obligation des administrateurs de fonds de pension d’établir dans leurs principes d’investissement leur prise en compte des dimensions sociales, environnementales et éthiques ;
- l’extension potentielle aux administrateurs des fonds de pension des devoirs de prise en compte de l’impact de leurs activités sur la collectivité locale et l’environnement imposée aux dirigeants d’entreprise (2006 Act on Corporate Directors’ duties).
Ce rapport, soutenu indirectement par une très large communauté d’investisseurs internationaux, apporte un argument supplémentaire pour la contractualisation de la prise en compte de l’ISR dans les process de gestion long terme.
UNEPFI (United Nations Environnent Programme Finance Initiative), 14 Juillet 2009
Lors de la présentation à la presse de ses nouvelles orientations de placement, le Fonds de Réserve pour les Retraites – créé en 1999 pour contribuer aux besoins de financement des retraites à partir de 2020 – a confirmé son engagement en tant qu’investisseur responsable.
Les travaux actuels du Comité de l’investissement responsable ont été présentés :
- L’évaluation des risques extra-financiers du portefeuille,
- Le suivi de la Convention d’Oslo sur les bombes à sous-munitions,
- L’investissement dans les matières premières,
- La vigilance sur l’exposition aux paradis fiscaux.
L’apparition de la question des paradis fiscaux dans la politique d’investissement du fonds constitue une nouveauté. Estimant que les évolutions relatives à l’évasion fiscale et aux paradis fiscaux pourraient largement impacter certaines de ses valeurs en portefeuille, le FRR adopte publiquement une position « vigilante » en la matière.
Par l’importance des mandats confiés (près de 30 milliards d’euros d’actifs en mai 2009), le FRR joue un rôle moteur dans la prise en compte des facteurs extra-financiers par les sociétés de gestion.
19 juin 2009, FRR
Un consortium de 12 investisseurs institutionnels, représentant au total 1 300 milliards de dollars d’actifs sous gestion, ont affirmé leur soutien au Forest Footprint Disclosure. A ce titre, ils ont donc adressé une lettre à 150 des 500 entreprises du Fortune 500, afin de connaître leur empreinte écologique et leur exposition au risque de déforestation.
Pour mémoire, le FFD est un programme qui s’inscrit en complément du Carbon Disclosure Project et qui vise à assurer une meilleure transparence quant à l’exposition et à l’implication des sociétés dans la déforestation au niveau mondial. Le responsable du FFD a indiqué que la déforestation était la deuxième cause la plus importante d’émissions de gaz à effet de serre après le secteur de l’énergie.
15 Juin 2009, Forest Footprint Disclosure
Novethic a présenté, hier, les résultats de son enquête annuelle sur le marché français de l'ISR. Le total des encours ISR en France est passé de 22 à 29,9 milliards d’euros entre fin 2007 et fin 2008 (soit une croissance annuelle de 36% en 2008 contre 30% en 2007). Des bons résultats qui s’expliquent par une collecte qui est restée positive, la conversion à l’ISR de fonds existants et le déblocage de nouveaux mandats institutionnels.
En termes de clientèles, la gestion dédiée devance pour la première fois la gestion collective (55% contre 45%) avec 16,4 milliards d’euros d’encours. Il ressort également une domination importante des investisseurs institutionnels. Ces derniers représentent aujourd’hui 75% du marché avec 22,5 milliards d’euros d’encours ISR (en hausse de 54%). A l’inverse, 2008 est la première année de réduction des encours détenus par la clientèle de particuliers (hors épargne salariale), en baisse de 13% sur l’année.
En termes de produits, les produits de taux deviennent majoritaires, alors qu’en 2007, les actions constituaient la moitié des actifs. Les obligations et le monétaire, affichant une croissance respectivement de 50%, et de 300%, représentent conjointement les 2/ 3 des encours ISR à fin 2008. Enfin d’un point de vue géographique, 73% des encours français ISR sont investis dans la zone euro.
Source : Novethic, le 4 juin 2009
4 juin 2009
Finance solidaire : stabilisation des encours en 2008, mais hausse significative des investissements
Regroupant depuis 1995 financeurs solidaires et établissements financiers – dont La Banque Postale –, l’association Finansol vient de publier son « Baromètre annuel des finances solidaires » pour 2008. Malgré la crise, les encours sont restés stables, autour de 1,6 milliard d’euros à la fin de l’année. Cette stabilité est le fruit de phénomènes contrastés :
- une baisse de près de 20% des encours OPCVM et des fonds d’épargne salariale,
- mais une forte collecte sur les livrets solidaires (+ 28%) et les actions non cotées (+ 23%).
Par ailleurs, les investissements solidaires réalisés en 2008 s’élèvent à 379 millions d’euros (+ 34%). Les secteurs bénéficiant de ces investissements sont le logement (41%), l’insertion par l’emploi (30%), l’environnement (19%) et la solidarité internationale (10%).
Votée en 2008, la Loi de Modernisation de l’Economie obligera les entreprises à proposer au moins un Fonds Commun de Placement d’Entreprise Solidaire (FCPES) dans tout plan d’épargne entreprise (PEE), à la fin 2009. Elle constitue un bon espoir de dynamiser la filière, encore très marginale.
La finance solidaire prend la forme de placements d'épargne finançant des activités contribuant à la lutte contre l'exclusion, à la cohésion sociale et au développement durable. Par extension, la finance solidaire qualifie également l'épargne dont les revenus sont partagés sous forme de don à une ONG, association caritative ou financeur solidaire. L'épargnant intéressé peut soit investir directement auprès d'un financeur solidaire, soit placer son épargne de manière solidaire auprès d'un établissement financier.
A noter : La Banque Postale Asset Management propose à ses clients la SICAV de partage Libertés et Solidarité, en partenariat avec la Fédération Internationale des ligues des Droits de l’Homme (FIDH).
28 mai 2009
A la suite d’un sondage effectué auprès de 30 fonds, un article du Financial Times rapporte que plus de la moitié des fonds de pension britanniques ont inclus dans leurs appels d'offre des critères de compétence et d’expérience ESG pour attribuer leurs mandats de gestion.
Les sociétés de gestion les plus en avance sur le sujet auraient donc un avantage important. Cependant, la transparence de la gestion ISR fait encore défaut pour beaucoup de sociétés.
26 avril 2009
Responsible Investor, site d'information britannique sur l'ISR, explique que le gouvernement suédois réfléchit aux moyens de renforcer et de formaliser l'approche extra-financière des fonds publics de retraite – les quatre "AP pension funds". Pour l'instant assez vague et peu contraignante, l'intégration de critères ESG dans les décisions d'investissement pourrait être fixée par règlement.
Concrètement, il s'agirait par exemple de déterminer un plafond d'émissions CO2 maximum pour le portefeuille d'investissement.
Créés en 2001, les fonds de retraite possèdent aujourd'hui environ 80 milliards d'euros d'actifs, mais sont concurrencés par les fonds de retraite privés. La mise en œuvre d'une politique ESG proactive – incluant dialogue avec les entreprises et engagement actionnarial – pourrait rendre plus attractive l'offre publique, à l'image du fonds norvégien qui jouit d'une excellente réputation.
8 avril 2009
L’attractivité renforcée des fonds ISR post-crise présente un risque, celui de la multiplication des fonds ISR sans que soit vérifiée la qualité des process et de la gestion. La question de la crédibilité de l’approche ISR est en jeu, plus encore que précédemment.
Conscient de l’importance de la transparence vis-à-vis du grand public, Novethic vient de présenter un projet de création d’un label « Fonds ISR » et d’une notation des sociétés de gestion sur la qualité de leur approche ISR. Ces changements ne seront pas effectifs avant l’automne prochain.
Par ailleurs, l’Association Française de Gestion met à jour son Code de transparence pour, là encore, améliorer la communication auprès du public.
Petite réserve : les initiatives restent nationales pour le moment.
27 mars 2009
Une étude du consultant suisse OnValues montre que les produits ISR suisses ont enregistré l’an dernier des afflux de 1,6 Md CHF contre des sorties de 22,9 M CHF pour les fonds traditionnels comparables. L’étude souligne que bien que les fonds thématiques aient souffert de la crise, les produits plus diversifiés ont connu un attrait croissant. La valeur des portefeuilles ISR a cependant diminué de 39%, en accord avec la tendance générale des marchés traditionnels. Ce constat va dans le même sens que la dernière étude Novethic (média indépendant soutenu par la CDC) qui faisait le constat qu’en France, les fonds ISR avaient, en relatif, mieux résisté.
13 mars 2009
Une étude, réalisée auprès de 40 entreprises issues de pays émergents, par Sustainable Investment Research Analyst Network (SIRAN) et l’agence extra-financière EIRIS, va à l’encontre des idées reçues.
Un nombre croissant de ces entreprises agissent en tenant compte des enjeux ESG. L’implication importante de ces entreprises (sud-africaines et brésiliennes notamment) s’expliquerait, entre autres, par la présence de nombreux indices boursiers locaux prenant en compte des critères socialement responsables.
Points faibles : les entreprises des pays émergents ont encore beaucoup de progrès à faire en termes de respect des droits de l’Homme, et de lutte contre la corruption.
10 mars 2009
Le marché de l'ISR a été marqué en 2008 par la création de fonds monétaires socialement responsables, soit ex nihilo, soit issus de la transformation de fonds monétaires classiques.
Les fonds monétaires représentaient 43% des encours des fonds de droit français à fin 2008 (contre 32% fin 2007, source AMF) ; il était donc logique que l'ISR pénètre le segment.
Media de référence de l'ISR et du développement durable soutenu par la Caisse des Dépôts, Novethic a publié une étude en février pour analyser le phénomène.
Pourtant généralement associée aux placements de long terme, l'approche ISR trouve un sens sur le segment monétaire. Elle pourrait en effet répondre aux dérives récentes des fonds dynamiques, et à plus long terme inciter les émetteurs à prendre en compte des critères de développement durable pour avoir un accès aisé au crédit.
"Plus encore que sur les marchés actions, chercher à déterminer la note ESG d’un papier monétaire revient à cerner un émetteur « identifiable », ce qui revient ainsi à nettoyer les univers d’investissement monétaires des titres exotiques qui pourraient à terme se révéler bien loin des niveaux de sécurité et de liquidité attendus."
13 fonds monétaires ISR ont été recensés par Novethic à fin 2008, représentant 7,6 milliards d'euros (soit 31% des encours ISR, contre seulement 5% à fin 2007).
27 février 2009
Selon une étude publiée par le cabinet de consulting A.T. Kearney, les entreprises ayant pris un engagement ferme en termes de RSE ont surperformé de 15% la moyenne de leurs secteurs d’activité dans 16 des 18 secteurs étudiés. En termes de bonnes pratiques permettant une meilleure performance des entreprises, l’étude souligne, entre autres, les bénéfices de : la bonne gestion du conseil d’administration, le dédoublement des fonctions de président du CA et de directeur général, la prévention des conflits d’intérêts, la publication des données relatives aux émissions de CO2, la politique de recyclage des déchets, le recours aux énergies renouvelables et l’adhésion au Global Compact.
13 février 2009
Selon la dernière étude 2008 de Novethic, le marché de l’ISR résiste mieux à la crise, constatant une stabilité des encours français aux alentours de 20 Md€. Les encours totaux des fonds ISR représentent, en 2008, 1,4% des encours totaux contre 1% en 2007 avec une cinquantaine de nouveaux fonds lancés.
Le marché connait aujourd’hui une forte croissance des fonds monétaires qui représentent, en 2008, plus de 30% du marché au détriment des fonds actions, qui ne représentent plus que 45% du marché contre 65% en 2007. Cependant, non immune à la crise pour autant, la taille moyenne des fonds ISR s’est considérablement réduite, avec une médiane à 27M€ (vs 51M€ en 2007), les fonds thématiques (notamment environnement) étant les plus affectés.
9 février 2009
Selon les chiffres de Lipper Feri, la collecte des fonds ISR serait redevenue positive en novembre 2008, après plusieurs mois de décollecte, et aurait représenté 784,2 M€.
Ces chiffres représentent à double titre une bonne nouvelle pour le secteur : outre le fait de marquer la fin d’une période de décollecte, ils permettent au secteur de se distinguer des fonds actions traditionnels dont le total des collectes (également revenu positif en novembre) a représenté 588,7 M€. Les fonds verts en revanche ont à nouveau connu une décollecte de 68,6 M€ en novembre (en nette réduction par rapport aux 837,7 M€ de décollecte du mois d’octobre) et représentent 13 Md€ d’actifs en fin de mois.
16 janvier 2009

